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Combattre la mauvaise haleine

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Certaines personnes ont un terrain plus propice que d'autres à ce fléau qu’est la mauvaise haleine, qui n’est pas décelable par celui qui en souffre. Ce sont les autres qui vous le signalent et de votre côté, vous le percevez chez les autres.

Pour remédier à une mauvaise odeur qui se dégagerait quand vous parlez ou respirez, il vous faut en trouver la cause.

La mauvaise haleine peut être d'origine :

  • bucco-dentaire : c'est la cause la plus fréquente et elle est à solutionner avec l'aide de votre chirurgien-dentiste ;
  • digestive : vous pourrez aisément résoudre le problème en adaptant votre régime alimentaire ;
  • médicale : elle signale un problème d’ordre général à voir avec un médecin.

Cette fiche pratique propose plusieurs solutions pour combattre la mauvaise haleine en fonction de son origine.

Zoom sur la mauvaise haleine d’origine bucco-dentaire

Dans la majorité des cas, la mauvaise haleine provient de votre bouche et est due aux gaz sulfurés (appelés CSV) produits par des bactéries en surnombre logées dans la bouche, les dents et les gencives. La macération de composés organiques — tels que des aliments collés laissés entre les dents et sous la gencive, ou bien la matière décomposée de votre propre gencive en mauvais état — est le substrat nutritif pour ces germes, surtout ceux qui n'ont pas besoin d'oxygène pour vivre, que l’on appelle anaérobies.

Comme dans n’importe quel état de putréfaction, ces bactéries pullulent dans les zones non accessibles au nettoyage et aux mouvements.

Elles se retrouvent :

  • dans des anfractuosités telles que les caries, les espaces interdentaires, les obturations et les couronnes mal ajustées, sous les bridges prothétiques et les appareils orthodontiques ;
  • dans tout problème de gencive et d’os environnant les dents : les gingivites, les parodontites, les poches parodontales, les abcès dentaires où stagnent le pus et le sang ;
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  • à moindre degré, dans quelques cas particuliers :
    • sur une plaque dentaire autour des dents, au bord de la gencive, sous forme de bouillie alimentaire prédigérée par la salive, qui s'accumule là où vous la laissez si vous ne la nettoyez pas ;
    • au fond de la langue dans les petits replis où la salive n’effectue pas la chasse et où vous voyez des dépôts blanchâtres s’accumuler, surtout le matin ;
    • dans la muqueuse des cavités nasales ou des sinus, s’il y a infection chronique, suppuration, objet enkysté ou infection récidivante ;
    • dans les amygdales, derrière la langue, si celles-ci sont souvent irritées, enflammées et que leurs peaux mortes sous forme de points blancs ne sont plus nettoyées naturellement ;
    • lors d’une pathologie touchant les glandes salivaires qui ouvrent leurs orifices directement dans la bouche.

Cas 1 : mauvaise haleine d’origine bucco-dentaire, effectuez des soins appropriés

Sachez qu'en 20 minutes, un substrat alimentaire laissé dans la bouche peut permettre aux bactéries, notamment celles qui n’ont pas besoin d’oxygène, de se développer et d’émettre des gaz volatils sulfurés.

  • Nettoyez vos dents très rigoureusement après chaque repas.
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  • Repérez avec l'aide de votre chirurgien-dentiste toutes les anfractuosités de vos dents, surtout celles situées sous la gencive, qui pourraient être des réservoirs de bactéries nauséabondes.
  • Utilisez des bains de bouche sans alcool en faisant varier le principe actif, sauf si votre praticien vous en recommande un en particulier pendant le temps de traitement. Vous pouvez par exemple réaliser des bains de bouche à base de thé vert contenant 1 % de tanins (action aussi efficace que la chlorhexidine).
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  • Buvez souvent et gargarisez-vous pour oxygéner la bouche. Une bouche sèche et au repos laisse stagner ce qu’il y a dedans.
  • Mâchez du chewing-gum sans sucre ni fructose. Changez-le régulièrement. Tout ce qui permet d’activer la salivation diminue la mauvaise haleine.
  • Dépannez-vous avec les sprays ou les pastilles à l’anis, sachant qu’elles ne viendront pas à bout des haleines fétides liées à des gingivites ou à des caries dentaires à soigner.
  • Changez votre brosse à dents si vous la voyez chargée de pâte, ainsi que votre brossette interdentaire lorsqu’elle est affaissée et malodorante.
  • Si vous avez une prothèse amovible, brossez-la. La plonger dans un verre avec du produit ne suffit pas. 

Cas 2 : mauvaise haleine d’origine digestive, adaptez votre régime alimentaire et votre hygiène de vie

Si la mauvaise odeur s'exhale par votre nez, elle traduit la présence dans le sang de composés volatils qui s'évaporent lors de l'expiration. Avec un peu d’attention, vous pourrez percevoir par vous-même les mauvaises odeurs liées aux aliments ingérés. Tous les aliments qui contiennent des composés volatils passent dans le sang et sont ensuite rejetés à l'expiration par les poumons ou lors des éructations : ail, ognon, radis, choux, brocolis, certains poissons et huiles de poisson, fromages forts, œufs durs, charcuterie, épices, alcools. Il vous suffit donc de choisir des aliments que vous digérez bien. 

Voici quelques recommandations supplémentaires :

  • Ajoutez des huiles essentielles dans votre eau de rinçage. La cause des mauvaises odeurs buccales étant différente pour chacun, la recette est à adapter à chaque cas particulier.
  • Évitez de fumer. Le tabagisme accentue les mauvaises odeurs, particulièrement celles qui proviennent de la plaque dentaire et des gingivites.
  • Évitez le stress et la fatigue, qui sont deux facteurs favorisant la mauvaise haleine. Ils diminuent en effet les défenses immunitaires, la salive ne pouvant plus jouer son rôle de nettoyant naturel et l’estomac se chargeant d’acide chlorhydrique en permanence.
  • Si votre haleine n'est mauvaise qu'au réveil, nettoyez l'arrière de votre langue avec une brosse à dents très douce ou avec un gratte-langue vendu dans toutes les pharmacies et le problème sera résolu.

Cas 3 : si votre mauvaise haleine est d’origine médicale

Être avisé d'une mauvaise haleine peut permettre de diagnostiquer assez tôt un problème qui peut s'avérer grave. Elle peut être le symptôme :

  • d'irritations, de brûlures, d'un reflux ou d'une lésion cancéreuse des voies digestives (celles de l'œsophage, de l'estomac ou du bulbe du petit intestin). Les brûlures d'estomac et le reflux gastro-œsophagien sont facilement réglés avec des pansements gastriques ;
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  • d'infections bactériennes et virales des voies aériennes supérieures dans le cas d'une angine, d'une bronchite, d'un rhume, d'une pharyngite, d'une sinusite ou d'une grippe ;
  • de désordres dans la flore intestinale sous l'effet de la prise de médicaments où une insuffisance hépatique ou biliaire engendrent une digestion altérée du bol alimentaire ;
  • d'un dysfonctionnement rénal et d'une intoxication aux métaux qui ne permettent pas une bonne élimination des déchets dans le sang et donnent à l'individu une odeur d'urée ou un goût métallique dans la bouche ;
  • d'un diabète qui peut produire une odeur d'acétone exhalée à la respiration ;
  • d'un champignon, le muguet, installé dans la bouche, généralement en relation avec le mâchement répétitif de prothèses amovibles dans une bouche édentée, qui donne une odeur rance ;
  • de tout syndrome engendrant une sécheresse buccale (xérostomie) en empêchant la salive de faire son nettoyage ou en réduisant le flux salivaire (hypostasie), qui produit forcément une odeur désagréable ;
  • d'une carence nutritionnelle, d'un changement de régime alimentaire dans ses premières phases, d'une consommation excessive de lipides ou d'un jeûne prolongé qui induisent quelques désagréments aromatiques de l'haleine ;
  • d'une crise d'acétonémie chez l'enfant, qui est généralement sans gravité. Elle signale un manque de glucose dans le sang et indique que l'enfant doit manger ;
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  • de modifications hormonales chez la femme enceinte. Il s'agit alors d'un phénomène passager.